L'Aloha shirt, l’indémodable chemise hawaïenne

L’esprit de l’Aloha, fait de tolérance, de compassion et de paix a donné son nom à l’une des plus célèbre chemise au monde : la chemise Hawaiienne. Depuis près d’un siècle, des ouvriers agricoles japonais aux G.I. américains en passant par les stars d’Hollywood, ce vêtement iconique est devenu un véritable miroir de l’histoire et de la philosophie hawaïenne. Ses imprimés puisent dans la culture locale et dans ses paysages.

Ce serait un japonais habitant de l’île qui aurait créé la première Aloha shirt au début 1930 en utilisant la soie de Kimono. Le tailleur Kichiro Miyamoto. On appelle alors ces chemises les Kimono like shirt. Elles vont se transformer petit à petit en chemises Hawaiiennes quand la soie des kimonos n’a plus été utilisée mais à été remplacée par des tissus avec des motifs hawaïens.

Une chemise qui tranche avec les codes vestimentaires strictes de l’époque. Succès immédiat auprès des premiers touristes occidentaux après les années 30.

Cette histoire est actuellement racontée dans un court reportage Arte actuellement disponible. Voir ci-dessous.

À Honolulu, l’indémodable chemise hawaïenne.


Avanti, le magasin évoqué dans le reportage propose des répliques des plus célèbres chemises Aloha, que ce soit en soie en rayonne ou en coton.

Notamment celle ci-dessous que Elvis portera sur la pochette de son album Blue Hawaï.

De quoi sont faites les chemises Aloha ?

La soie et le coton ont été les premiers tissus utilisés pour les chemises hawaïennes, notamment à cause des influences japonaises. Ainsi, la soie était un matériau de choix pour beaucoup à cette époque. Plus tard, lorsque la première fibre synthétique similaire à la soie est apparue – la rayonne –, la production industrielle de masse fut possible.

Comment identifier une vraie chemise Hawaïenne ?

N’étant pas experts on vous a retranscrit et traduit ci-dessous quelques passages d’une interview intéressante disponible ici.

Collectors Weekly : Quels sont les autres caractéristiques recherchées par les collectionneurs ?

Arthur : Habituellement, vous avez une poche plaquée, qui est cousue sur le côté gauche de la chemise. Sur les chemises de bonne qualité, la poche est raccordé avec l'imprimé en dessous. C'est un point clé de la qualité.

Les boutons étaient à l’origine fabriqués à partir de morceaux de noix de coco, de bambou, puis plus tard de métal, de jade ou de plastique – tout type de matériau que vous pouvez imaginer. Ceux en métal sont parfois conçus pour ressembler à l’écusson hawaïen. (Alfred) Shaheen, en particulier, produisait des boutons assortis à différentes tenues. Il en fit fabriquer en ivoire en forme de Bouddha.

Il y avait essentiellement trois types différents de chemises aloha. La plupart étaient boutonnés sur le devant, mais certaines étaient des “pulls”.

Collectors Weekly : Qu'est-ce qui rend une chemise aloha rare ?

Arthur : L'artiste, la qualité du graphisme, la couleur et l'intensité de la couleur. C'est avant tout la qualité de l'œuvre d'art, le design textile. […]

Actuellement, les gens ne sont pas aussi enthousiasmés par les motifs des chemises « barkcloth » (tissus qui ressemble à de la toile de jute). Ils aiment les motifs « éclaboussants ». […]

La qualité des graphismes, la couleur, l’état et la taille en font un bon design. Les Hawaïens étaient pour la plupart petits et les chemises produites étaient petites, mais les gens qui les collectionnent maintenant sont grands. Donc, si vous pouvez acheter une chemise grande ou extra-large, elle vaut plus car vous pouvez la porter. De plus, les chemises à manches longues n'ont été produites que pendant une courte période et sont rares ; elles font partie des chemises les plus précieuses. L'un d'eux s'est vendu chez Sothebys pour plus de 10 000 $.

Mamo Howell est une designer qui a toujours réalisé un travail lié aux courtepointes hawaïennes. Comme Shaheen, Mamo et certains artistes actuels signent leurs créations textiles. Sur certaines de ses chemises, vous pouvez voir comment la poche correspond à l'imprimé. Les boutons n'interrompent pas le design. C'est un textile technique. Pour ce faire, les concepteurs doivent déterminer à l’avance quelle quantité de tissu devra enrouler sous les boutons et les boutonnières. […] Cela gaspille beaucoup de tissu, mais vous obtenez un meilleur design.

Collectors Weekly : Est-il encore possible de collectionner les toutes premières chemises ?

Arthur : Oui, mais très peu de gens en savent suffisamment pour les collectionner. Les collectionneurs semblent courir après les chemises très visuelles et lumineuses des années dorées précédant les années 60. […]

Les chemises « drapées » sont des objets de collection car elles sont rares. Dans les années 30, 40 et 50, les grands imprimés floraux étaient un motif très populaire pour les textiles d'intérieur comme les rideaux et les housses. Ils étaient imprimés sur des cotons épais très appréciés pour les rideaux. Dans les années 40, Wong's Drapery à Hawaï fabriquait des chemises à partir de leurs chutes de tissus. Les chemises pesaient probablement une livre, alors qu'aujourd'hui, une chemise peut peser deux onces.[…]


Un nom à connaître quand on parle de chemsies Hawaïennes : Dale Hope

Vous avez peut-être entendu parler de Dale Hope, un homme qui a travaillé dur pour faire connaître au monde l'histoire et les charmes de ce vêtement unique. Né à Honolulu et ayant consacré sa vie à l'industrie vestimentaire hawaïenne, il aime, possède, étudie et en sait probablement plus sur la chemise Aloha que quiconque.

Il est également interviewé dans le reportage Arte. Il évoque notamment les chemises assez rares de la collection dite Duke Kahanamoku.

Il a également écrit un des livres le plus complet sur le sujet : The Aloha Shirt: Spirit of the Islands. Il est disponible ici.

 
 

Suitsupply : Expedition Jort: The Tailoring Trail

Court article aujourd’hui pour vous partager une vidéo de moins de 40 minutes publiée il y un an par Suitsupply que nous découvrons à présent. On y suit Jort Kelder qui parcourt le monde pour mieux comprendre à la source l’obtention des différentes matières naturelles, de la laine mérinos en Australie à l'alpaga au Pérou en passant par le lin en France ou la nacre en Indonésie.

Chose intéressante, on y voit la confirmation que la quasi totalité du lin cultivé en France (plus grand producteur mondial) est expédié en Chine pour y être filé, la France ne disposant plus des savoir-faire nécessaires à cette transformation. C’est d’ailleurs pour cette raison que le projet LINPOSSIBLE a été lancé en 2019.

Pulls en lambswool à moins de 100€

Nous avions écrit un 1er article sur la marque anglaise Country Of Origin (COO) en 2021.

Ils ont introduit depuis lors une nouvelle collection intitulée Seamless Staples.

Tout comme une bonne majorité des pulls Shetland sur le marché (en particulier ceux provenant de chez Harley of Scotland), les pulls de cette nouvelle ligne sont tricotés en intégral. Il n’y a pas de coutures. Car comme vous le savez, plus traditionnellement chaque partie d’un pull est tricotée distinctement (panneau avant, panneau arrière, 2 manches et un col). Les pulls les plus haut de gamme sont ensuite assemblées par un processus assez long de remaillage.

Bonne nouvelle, certains de ces pulls sont vendus à 80€. Il s’agit des anciennes collections.
Made in UK à Wigston dans l’atelier en propre de la marque.

Pour en savoir plus, c’est par ici.

Votez pour l'employé Beams le plus élégant

Comme expliqué dans notre article sur la French Ivy (partagé d’ailleurs sur Reddit par la célèbre communauté r/NavyBlazer), nous suivons régulièrement une poignée de blogs et magazines incontournables de la mode masculine.

Le magazine Mr Beams en fait partie. Une partie des articles de ce magazine sont consultables en ligne.

 
 

On y retrouve régulièrement David Retzlaff alias @mr_david_style dans leur lookbooks. Ou pour être plus précis dans la rubrique les “carnets de Tatsuya Nakamura”, le directeur créatif de la marque. Des tenues qui ne prennent pas une ride, comme celle-ci dessous de l’hiver 2021.

 
 

Ce qu’on voulait vous partager aujourd’hui c’est plutôt les photos des 38 employés de Beams provenant de tout le Japon qui se sont prêtés au jeu.

Car oui, c’est un jeu pour désigner l’employé le plus élégant. Il s’agit de la 2ème édition, la 1ère ayant eu lieu cet été. Un système de vote est disponible jusqu’au 30 novembre.

Difficile de faire un choix, non ?

Casatlantic collection Hiver 2023

La nouvelle collection automne hiver 2023 de Casatlantic vient de sortir. Intitulée art de vivre, elle comprend pour la première fois une grande variété de hauts. Cela va du pull col en V, au col polo en passant par le cardigan zippé. Le tout dans des laines 100% mérinos.

À noter aussi de très belles chemises militaires dites camp shirts. Le type de chemises que vous pouvez trouver par ailleurs sur leur autre site dédié au vintage broadwayandsons. Mathieu en porte une (de l’armée Suédoise de mémoire) lors de ce shooting pour Jacques Solovière.

La collection est disponible ici.

Le Minor x Oi Polloi

On l’écrivait il y a quelques mois, la mythique boutique de Manchester, Oi Polloi a fermée ses portes. Elle se définie comme étant en hibernation et continue dans le même de temps de travailler sur des collaborations avec des marques. On pense à Universal Works l’été dernier et Le Minor il y a quelques jours.

La collection disponible sur le site de la marque Le Minor, ici.

Uniqlo JW Anderson - Collection Automne / Hiver 2023

Le nouveau numéro de Lifewear Magazine d’Uniqlo est sorti il y a quelques semaines.

Vous y trouverez notamment quelques illustrations de MrSlowboy

Nous en avions parlé en stories sur notre Instagram. Notamment via une photo d’une publicité sur leur prochaine collaboration avec le designer JW Anderson. Elle avait généré beaucoup de questions et d’interrogations.

 
 

Il faut dire que ce trench en tissu extérieur micro carreaux 100% coton avec une finition déperlante à de quoi séduire. Il reprend tous les codes des classiques du genre : épaule raglante, col large et enveloppant, ampleur, ceinture…

Il est enfin disponible. Voir ici.

À noter également un très beau tote bag en coton. Le seul détail qui fâche concerne les anses : elles sont en simili cuir (autrement dit en plastique).

Voir ici (bleu) et ici (noir).

Le manteau raglan Spitfire de chez Edesim

Note : À notre demande, Edesim avait accepté l’an passé de nous envoyer le manteau que vous allez voir ci-dessous.

Nous n’avions pas publié l’an passé les photos prises avec le Spitfire* de Edesim, un très beau manteau aux manches raglan dans un tissu 100% laine de Vitale Barberis Canonico (à 490 g/m).

Dans cet article sur des pièces hivernales Valstar, Marcos expliquait déjà que lorsque nous sélectionnons nos pardessus, nous avons tendance à se diriger vers la sécurité : le noir, le bleu ou le gris. Toutes ces options sont parfaitement possibles, presque obligatoires car ces gammes chromatiques permettent la sobriété et l’élégance.

Qu’en est-il lorsque nous avons fait le tour de ces couleurs ? C’est là que les tissus à motifs deviennent intéressants. Certains plus affirmés que d’autres, mais restants « portables ».  C’est le cas par exemple ici pour ce carreaux rouge, camel et noir.
Marcos le porte ici avec un jean Uniqlo U ainsi que des Paraboot en cordovan et une écharpe de Locharron of Scotland.

Manteau toujours disponible ici.

Le suite en images.

*Spitfire comme le nom de l’un des avions de chasse britannique les plus emblématiques de la Seconde Guerre mondiale. Edouardo aime beaucoup l’aviation. D’où la veste Zéro, le manteau Rafale…

 
 

L’Everdon de Crown Northampton : une basket haut de gamme

À notre demande, Crown Northampton a accepté de nous envoyer la paire que vous allez découvrir dans cet article.

Crown Northampton

L’Everdon de la collection Hand Stitch

Le 21 janvier 1956, le chanteur rockabilly Carl Perkins chante l’Histoire en 2 minutes et 14 secondes. Il vient en effet de sortir le tube planétaire “Blue Suede Shoes qui devient un hymne du Rock’n’Roll. Elvis, The Beatles ou encore Johnny Cash proposeront successivement leurs versions.

Il faut dire que des “Blue Suede Shoes (chaussures en velours bleu) ne sont pas communes. Alors forcément quand j’ai vu que Crown Northampton en proposait, j’ai tout de suite voulu les essayer.

La Hand-Stitch collection de Crown Northampton

Cette collection haut de gamme s'inspire des chaussures sur-mesure, fabriquées à la main. C’est justement un pari de proposer un niveau de finitions élevé dans une “Dress Sneaker”, soit une basket habillée.

Cela paraît en effet antinomique. Il suffit cependant de noter les détails de cette paire spéciale. À commencer par la présence de liège, rempli à la main. C’est la première fois que l’on voit une paire de basket qui fabriquée de cette façon. Car oui, la dernière fois que l’on a vu des paires de chaussures remplies de liège, c’était chez J.M. Weston lors d’une visite en mai dernier. Le liège forme un remplissage solide sur toute la colonne vertébrale de la sneaker et offre confort, stabilité ainsi qu’une bonne évacuation de l’humidité dans toute la sneaker. À noter aussi l’utilisation de cuir pour le contrefort (et non du plastique ou autre matière contrecollée). À cela s’ajoute un tannage végétal, des coutures faits main - notamment celles du contrefort à l’arrière - mais aussi une semelle gomme en lait d’hévéa ou lactae heveae qui se patine au fur et à mesure des ports. Une des caractéristique de cette semelle en caoutchouc est sa non-rigidité, elle est assez spongieuse et durable à la fois. Nous n’en avons jamais essayé auparavant donc ne savons pas comment elle tiendra dans le temps, mais Crown Northampton nous assure sa robustesse.

La marque britannique propose par ailleurs pléthore de cuirs et de semelles pour ce modèle assez unique ! Vous pourrez ainsi choisir un cordovan Horween couleur #8, comme une très fameuse marque américaine…

Le modèle que je porte est en cuir de cerf, un cuir extrêmement souple et peu habituel pour des baskets.

Une basket (très) haut de gamme

 

La meilleure marque de basket au monde ?

 

Ci-dessus nous vous laissons découvrir la vidéo de Rose Anvil qui désosse une autre paire de basket de la marque de Northampton. De notre côté, cela a conforté notre avis sur cette paire. Car s’il est facile de voir que la paire est à la fois collée et cousue sans la démonter, vous pourrez également une bonne idée de l’ensemble du travail effectué. Comme par exemple la présence de liège entre la semelle en caoutchouc et le cuir. Une somme de détails qui expliquent en grande partie le prix conséquent de cette paire.

Comment taille ce modèle ?

Tout comme l’Artizan, ce modèle taille normalement. Je porte ici du 6.5 UK.

Comment porter l’Everdon ?

Une basket habillée est un péril stylistique. S’il faut à tout prix éviter le combo basket-costume au risque de faire une sortie de route, Gianni Agnelli - comme souvent - a proposé plusieurs tenues avec ce type de basket et des pantalons habillés.

Je choisis tout de même d’opter pour un pantalon cinq poches blanc, un t-shirt gris et une veste noir Bleu de Chine.

Je peux dire que je détiens enfin mes Blue Suede Shoes.

Les écharpes Moon sont de retour chez TrunkClothiers

Milano Fashion Library

Avez-vous déjà jeté un oeil à notre section bibliothèque ? Elle rassemble une sélection de livres dédiés aux vêtements de près ou de loin.

Vous vous en doutez, pour l’alimenter, on est en perpétuelle recherche de nouveautés, et pas nécessairement de la “nouveauté nouvelle” pour ainsi dire. Les livres des décennies passées nous intéressent également.

On est donc très content de vous parler de la Milano Fashion Library. Une petite pépite dans l’univers des livres dédiés à la mode.

Créée au début des années 90 par Diego Valisi, l’histoire a commencé avec une importante collection de magazines, principalement sur la mode, le design et la photographie. Jusqu’à soixante-dix mille exemplaires datant du milieu du XIXe siècle jusqu'à nos jours.

En 2021, la Milano Fashion Library lance finalement son site internet. Seule une petite partie des exemplaires sont proposés en ligne. La sélection comprend des magazines, des livres, des catalogues et des lookbooks de mode. N’hésitez donc pas à les contacter si vous cherchez un exemplaire en particulier.

Ci-dessous quelques uns des livres et magazines qui nous ont immédiatement attirés. À commencer par deux livres. L’un sur l’histoire de Lubiam, un fabricant de vestes qu’on connaît assez mal en France. L’autre sur Pal Zileri, un autre fabricant de costumes mal connu en France et qui pourtant travaille en marque blanche pour de grands noms.

Difficile donc de faire un choix. Pour un premier achat on a choisi 3 livres. L’un sur Carpi, l’autre sur Piacenza 1733 et enfin le troisième sur Mantero. Typiquement le type de livres que vous trouverez très difficilement ailleurs. Et c’est pourquoi on tenait tant à vous parler de cette librairie. Pour sortir un peu des sentiers battus.

Si vous vous posez des questions sur le livre consacré à Carpi (en l’occurrence il s’agit d’un supplément de la revue Condé Nast dans les années 1990), vous pouvez relire notre article consacré à cette ville. Quant à Mantero et Piacenza, elles font parties des plus belles entreprises textiles italiennes.

Pour accéder au catalogue de la librairie c’est par ici.

Saman Amel Lookbook⎜Automne Hiver 2023 et 2022

Fondée en 2015 en Suède, Atelier Saman Amel est rapidement devenue une marque très en vue dans le petit monde de la mode masculine. Elle est le fruit de la collaboration entre Saman Amel et Dag Granath, deux amis de longue date.

Leur lookbook Automne Hiver 2023 vient d’être publié, l’occasion pour nous de vous le repartager et d’ajouter à la suite celui de 2022 qui nous avait fait une très forte impression.

La suite en images.

Assisi Bespoke Tailors : l’étoile montante des tailleurs coréens

Note : À notre demande, Assisi a accepté de nous confectionner la veste que vous allez découvrir dans cet article.

« Tutte le strade portano a Roma » - tous les chemins mènent à Rome, Caput Mundi. Pas moins de huit voies consulaires permettaient de relier la capitale aux provinces : la via Aurelia, Cassia, Flaminia, Salaria, Tiburtina, Casilina, Appia et Ostiense. Ces artères existent toujours à ce jour, certaines modernisées et d’autres le symbole des vestiges d’un des plus grand empire de tous les temps. L’influence de la culture, la langue et des coutumes de cet empire sont latents dans l’Italie moderne. Le latin a laissé place à l’italien, les pavés aux autoroutes et les toges des sénateurs aux costumes. L’Italie compte comme meilleur ambassadeur son artisanat, que beaucoup envie et s’inspire. C’est ainsi qu’en 2020, un brillant nouvel entrant dans l’univers sartorial mettait en avant son savoir-faire hérité d’Italie. Kim Min Soo, maître tailleur Coréen depuis plus de 15 ans, fonde Assisi Bespoke Tailors et part à la conquête de l’Europe. 

Voici l’étoile montante des tailleurs coréens qui nous donne envie de porter des vestes à motifs.

L’histoire d’une rencontre parisienne

En septembre 2022, nous rencontrions des membres de The Decorum Bangkok à l’ouverture de la nouvelle boutique Jacques Solovière au 108 boulevard du Cherche-Midi dans le VIème. Ball Warong, co-fondateur visionnaire du magasin thaïlandais rassemblant des marques pointues, acceptait de se livrer au jeu de notre rubrique Tenue des Lecteurs. Si le jour du shooting Ball portait une veste de la maison florentine Liverano, lors de notre rencontre, il me parla d’un tailleur coréen à la carrière prometteuse : Assisi. Des trunkshows sont régulièrement organisés au sein de The Decorum ce qui permit à Assisi de gagner en notoriété, bien mérité.

Un an plus tard, en juin 2023, Ball et son associé Guy (@master_keynes) venaient à Paris pour épauler le jeune tailleur coréen lors de son premier trunkshow. C’est naturellement que nous – Thomas, Mathieu et moi – allions revoir Ball et rencontrer Kim Dabin (@kimdabin), jeune tailleur représentant Assisi. Quelle rencontre ! J’ai tout de suite été fasciné par le tombé des costumes à la croisée des influences milanaises et florentines. 

Les 6 et 7 octobre dernier, Assisi revenait à Paris pour un nouveau trunkshow. Ayant reçu ma veste finie par la Poste quelques jours plus tôt, nous voulions la montrer à Kim et surtout prendre de ses nouvelles lors de son deuxième évènement parisien. Kim nous accueille dans un appartement parisien loué pour l’occasion dans le Marais et nous avons pu discuter et faire les photos que vous allez découvrir dans cet article.

Un mot sur Kim, il est toujours vêtu sobrement et avec goût. Ce jour-là il portait un costume à rayures tennis aux tonalités sombres très élégant.

 
 

Assisi : une influence italienne à l’allure coréenne

Le maître tailleur Kim Min Soo est un autodidacte mais a appris l’art tailleurs à Milan auprès de Paulo Rentini. L’équipe coréenne comporte six tailleurs, tous formés par maître Kim Min Soo et un directeur.  Assisi propose une offre double, celle de la grande-mesure ou bespoke et celle moins onéreuse de la demi-mesure ou Made-to-measure. Si la grande-mesure a déjà été couverte par un blog anglais, la demi-mesure ne jouissait pas de cela. C’est ainsi que nous avions convenu avec Kim la réalisation d’une veste en demi-mesure, dans le tissu de mon choix. 

 
 

Je souhaitais une veste informelle et un tissu à l’allure certaine. Je me suis naturellement tourné vers le gunclub soit un tissu comportant une succession de petits carrés rythmés par des lignes polychromes. C’est un tissu deadstock de Drapers Italy. Ces couleurs précises sont donc difficilement trouvables ce qui en fait une veste unique. Les photos de cet article valent plus que mille mots.

Assisi porte un nom Italien – en hommage à la ville éponyme de l’Ombrie et le savoir-faire sartorial de la Botte – mais injecte des détails signatures pour la construction de ses vestes. L’un de ceux-ci est par exemple l’épaule légèrement tournante facilitant la mobilité ainsi qu’une cigarette un peu prononcée. Les épaules plus étendues sont une signature de la maison et elles permettent de façonner la carrure grâce aussi à l’emmanchure haute. Assisi ne l’a certes pas inventé mais l’intègre avec précision lors des prises de mesures.

 
 

Une veste coréenne sur des épaules parisiennes

J’affectionne particulièrement l’approche sartoriale asiatique, que je trouve novatrice, dont font preuve plusieurs tailleurs que nous avons couverts sur Les Indispensables. Sans doute car ceux-ci ne sont pas liés par un style ou convention précis et décident ainsi de piocher divers éléments de tel ou tel pays pour en faire quelque chose. Le cran de revers bas ou les épaules légèrement plus larges sont autant d’éléments qu’Assisi a adopté et pérennisé pour son « house cut ». Encore une fois, j’insiste sur le fait que la maison coréenne n’a rien inventé mais a su faire sienne ces éléments qui font partie de l’univers sartorial. Il ne s’agit pas de déconstruire la veste pour en connaître la fabrication exacte sous toutes ses coutures mais d’apprécier son rendu final.

 
 

Un attrait personnel dans le rendu de la veste est notamment les épaules plutôt tombantes. Ayant naturellement cette morphologie, je trouve que ce détail rend la composition sartoriale plus naturelle et moins « costume », en ce sens qu’elle fait corps avec le porteur. Il n’y a qu’à passer entre les mains de Kim lors de la prise de mesures pour comprendre le soin apporté au « fit ». La coupe est près du corps et met en avant la silhouette. La veste marque bien la taille sans la serrer.  

Coïncidence, la marque britannique Drake’s était aussi dans la capitale pour un pop-up au même moment du trunkshow d’Assisivous pouvez découvrir notre article ici j’ai eu le plaisir de recevoir des compliments sur ma veste par tous les vendeurs de Drake’s! Elle fait un effet certain, preuve en est que cette pièce ne laisse pas indifférent.

Une veste pour tous les jours

Assurément la veste avec laquelle je reçois le plus de compliments, elle est devenue un indispensable de mon vestiaire. Le motif gunclub se porte à merveille dans une tenue informelle mais peut aussi se marier avec chemise, cravate et mocassins aux pieds. 

Le tour de force d’Assisi est de créer un vêtement simple et élégant ayant un panache certain. Un indispensable.

Bonus : lors de la réception de ma pièce Mathieu en a profité pour essayer quelques gabarits de vestes, le résultat en images ci-dessous.

 
 

Drake's Pop-Up Store Paris

Visite ce week-end au Pop-up à Paris de la marque londonienne Drake’s. Ce n’est pas le premier dans la capitale, la première édition était située rue d'Alger et fût alors organisée par l'équipe de Sartorial Trips. On y trouvait alors la collection Automne Hiver 2017-2018. 

En revoyant les images que nous avions prises à ce moment là, un constat s’impose rapidement : la marque n’a pas pris une ride.

 
 

Tous les classiques de l’époque sont toujours disponibles : pulls shetland brossés, vestes en Tweed, cravates dans de très belles soies, chemises oxford…
Une différence cependant : l’introduction des chore jackets, ces vestes de travail à 3 poches sont arrivées plus récemment mais sont rapidement vite devenues des piliers solides de toutes leurs collections.

À noter qu’il n’était pas possible d’acheter directement sur place (pas assez de stock disponible) mais Drake’s proposait de prendre les commandes puis d’envoyer les produits gratuitement.

Et bonne nouvelle, ils reviennent en décembre pour un second pop-up et peut-être une boutique définitive…qui sait ?

 
 

Barbour - Magazine B numéro 94

3 ans déjà. 3 ans que l’on a écrit notre 1er article sur Magazine B, le magazine coréen publié mensuellement qui se concentre entièrement à une marque à chaque numéro. (B comme BRAND).

Tous les numéros ne se valent pas. Cela dépend beaucoup de la bonne coopération de la marque en question. Le numéro consacré à Margiela nous a par exemple beaucoup laissé sur notre faim. Au contraire, celui sur Mr Porter comportait beaucoup d’interviews des équipes de Mr Porter et apportait des chiffres inédits sur leurs meilleurs ventes par marques et par produits, leur nombre de clients, d’inscrits à leur newsletter…

Et justement, le 94ème numéro de Magazine B qui est consacré à « Barbour », nous semble intéressant. Au vu du sommaire, vous en apprendrez sans aucun doute plus sur l’une des marques de vêtements britanniques la plus connue et la plus appréciée au monde.
Connaissez-vous par exemple Halley Stevenson, l’un de ses fournisseurs de coton waxé ? Margaret Barbour, l’une de ses dirigeantes ? Ou The Haydon Wax Jacket, l’une de ses premières vestes ?

Créée par l'écossais John Barber en 1894 à South Shields, Barbour est avant tout reconnue pour ses vêtements en coton ciré qui protègent contre les intempéries tout en restant fonctionnels. La Bedale et la Beaufort sont deux de ses pièces emblématiques.

Magazine disponible chez CoffeTable.

Soldes sur EndClothing

La saison passée on vous a beaucoup parlé de Howlin’, cette marque Belge qui est très connue pour ses pulls en shetland.
Avec l’automne qui arrive, on vous conseille de jeter à un oeil à ce pull de la collection Shaggy Bear qui est soldé à -30% et est disponible dans toutes les tailles.

Lien en cliquant sur l’image.

Ci-dessous d’autres propositions également en soldes.

Liens en cliquant sur les images.

Le fabricant français de jersey et maille fine EMO

Connaissez-vous l’atelier Emo en France ? Ce façonnier de pièces en jersey et maille fine basé à Troyes est notamment connu pour avoir travaillé sur la première version du célèbre cardigan pression d’Agnès B.
C’est ce que l’on peut lire dans le livre qui y est consacré, Le Cardigan Pression édité par Assouline et écrit par Sophie Fontanel.
Ce cardigan a été imaginé à partir de l’un des sweatshirt préférés d’Agnès B. qui lui tenait trop chaud en été. Elle décida donc de le couper en deux et d’y faire poser des boutons nacrés. Le cardigan pression agnès b. était né.
Détail que l’on aime beaucoup : il est gratté sur l’envers pour plus de douceur.

La mode responsable fait partie de mes engagements depuis toujours, depuis mes débuts. Je travaille encore avec Emo qui faisait les premiers t-shits rayés en 79 et les cardigans pressions sont toujours fait à Troyes en France. Quand le gouvernement français à lancé son appel aux gens de la mode il y a un peu plus d’un an, je me suis dit : “je fais ça depuis tellement longtemps”.
— Agnès b. pour Marie Claire

Ce fabricant français est mis à l’honneur par la marque LEMAIRE pour sa collection Automne-Hiver 2023.

EMO dispose de ses propres machines à tricoter circulaire (jauge 14 à 36 : production de mailel fine)

opération caractéristique des vêtements en jersey / maille coupés cousus

Ci-dessous les pièces issues de cette collaboration.
Vous noterez qu’elles sont toutes sans coutures côtés, grâce au tricotage circulaire. On parle aussi de maille tubulaire. Seuls les manches, bords-côtes et le col sont ajoutés par la suite.

Costume croisé à rayures de chez Edesim

La nonchalance à l’italienne 

Comme vous le savez, ça fait plusieurs années que l’on met en avant la marque EDESIM. À notre sens la proposition de ce fabricant napolitain est une alternative intéressante à d’autres pointures du secteur telles que De Petrillo ou Caruso.

Edesim se démarque par un style plus rétro que ses dernières, que ce soit dans le choix des tissus ou des styles proposés. J’avais d’ailleurs opté la fois précédente pour un blazer en laine confectionné dans une ancienne référence inédite de Lafayette Saltiel : le Quadro Ruggino du fabricant français Paul & Jean Tiberghien (aujourd’hui disparu). Mais après plusieurs ports j’ai dû me rendre à l’évidence, la taille 48 était trop juste. J’ai donc opté cette fois-ci pour une taille 50.

 
 

Question construction, la veste comporte très peu de padding au niveau des épaules. La veste est souple, le tombé naturel. D’un point de vue personnel, je trouve le rendu plus intéressant que le côté très structuré des costumes classiques de l’école anglaise.  

Elle est aussi entièrement doublée, ce qui la rend relativement chaude pour être portée en plein été. Et si vous décidez d’y remédier en mettant une chemise manches courtes en dessous, la sensation qui en résultera ne sera pas des plus agréables, la doublure pouvant coller la peau avec la transpiration. Et ce d’autant plus dans le cas présent où la veste est légèrement trop serré au niveau de mes bras. 

 
 

Car oui, si cette 50 me convenait très bien niveau carrure, il a fallu la reprendre au niveau des manches et de la taille. Pour ce faire, je suis allé chez Avine retouche, situé dans le 8ème arrondissement de Paris, non loin de la Rue de la Boétie. Je dirai que d’aspect général, le résultat est satisfaisant mais loin d’être parfait. 

Les manches ne sont-elles pas légèrement trop courtes à présent ? C’est mon sentiment.

Vous notez sur la photo ci-dessus la boutonnière Milanaise, détail assez rare en prêt-à-porter qui est du plus bel effet.

 
 

Concernant le pantalon, j’aime sa taille mi-haute qui le rend très agréable. J’aurais cependant aimé qu’il y ait des pattes de serrage au niveau de la taille pour pouvoir l’ajuster à ma convenance notamment après des repas trop copieux. 

Mais ce que j’aime avant tout dans ce costume, c’est son tissu bleu en mélange coton et lin (71 % laine 15 % soie, 14 % lin) équipé de rayures cuivrées. La couleur de mes mocassins ALDEN à pampilles en est d’ailleurs un subtil rappel. L’association de ces couleurs apporte une touche d’élégance estivale à l’ensemble. 

Ce tissu léger (220g) est tissé dans une armure ouverte qui laisse bien circuler l’air et accentue le look plus décontracté de l’ensemble. Pour vous donner une meilleure idée, le toucher est très sec. Le genre de tissu qui peut froisser mais ne brille pas.

 
 

Malgré tout le costume au complet donne une silhouette assez formelle avec cette veste croisée et son cran pointu (peak lapel chez les Anglais). Pour contrebalancer ça, j’ai opté pour une chemise en tissu Oxford de la marque anglaise Drake’s. Les différents lookbook de la marque sont d’ailleurs une belle source d’inspiration pour ses tenues habillées avec une pointe de nonchalance. Vous ne le voyez sans doute pas à l’image mais j’ai détaché les 2 petits boutons du col de ma chemise button down. Quand je vous dis que je suis un excentrique (!).
 
Pour accompagner le tout, j’ai opté pour une cravate en tricot de soie de la marque Sozzi Calze dans un coloris bordeaux. J’aime beaucoup leurs cravates en maille made en Italie. Leur largeur est assez généreuse et surtout le bout pointu fait toute la différence, il n’est pas facile à trouver ailleurs.

Dans l’ensemble, ce costume est une très belle pièce que je suis ravi de posséder dans mon vestiaire et qui attire toujours son lot de compliments. Bravo Edesim.

Costume disponible ici.